Département de Sciences Humaines Collège Lionel-Groulx

Utiliser correctement ses sources

 

Utiliser les citations et les références

 

Tout travail écrit en sciences humaines implique que l’on fasse référence aux idées de spécialistes, en les citant ou en reformulant leurs propos. La citation et la référence sont essentielles au respect des droits de l’auteur. Le mérite d’avoir développé une idée, comme celui d’avoir inventé une nouvelle technologie ou fait une découverte scientifique, appartient à un individu. Vous devez donc indiquer une référence si vous utiliser les idées ou les résultats de recherches d’un autre auteur. Il s’agit de faire preuve d’éthique et de permettre à votre lecteur de retracer les sources que vous avez utilisées.

1. Comment reformuler les idées d’un auteur ? Les indispensables fiches de lecture !

Pour faire référence au propos d’un auteur il n’est pas nécessaire de le citer. Vous pouvez lui attribuer une idée que vous reformulez dans vos propres mots. Vous  apposez alors une note en bas de page indiquant d’où provient l’idée ou l’information.

Pour chaque argument, donnée ou idée provenant des écrits d’un auteur que vous insérez dans votre texte, vous devez fournir vos références, à moins qu’il s’agisse de faits généraux et connus de tous (ex. La Seconde Guerre mondiale s’étire de 1939 à 1945).

Pour arriver à reformuler correctement les idées des auteurs et à rédiger un texte dans lequel on croise ses sources, il est essentiel d’effectuer des fiches de lecture et un plan de travail.

Il s’agit donc de lire le passage du texte original qui vous apparait pertinent, deux ou trois fois si nécessaire, et de le reformuler dans vos mots ce sur une fiche de lecture. Faites cela sans regarder le texte original. Vos notes de lecture doivent être suffisamment précises et claires, afin de ne plus avoir à relire la source originale une fois que la fiche sera complétée. Lorsque toutes vos fiches de lecture sont complétées, rédigez le plan de votre travail. Vous éviterez ainsi d’employer la structure du texte ou les mots d’un autre auteur.

2. Comment citer un auteur

Mise en garde : lorsqu’un professeur en sciences humaines corrige un texte rempli de citations, il se dit que l’étudiant n’a pas compris ce qu’il a lu ou qu’il a beaucoup de mal à écrire. Il faut donc utiliser les citations avec parcimonie.

La citation sert à donner du poids à votre propos et doit être expliquée. On l’utilise lorsque l’idée de l’auteur est particulièrement bien formulée. Chaque citation doit être accompagnée d’une note en bas de page afin d’en identifier l’auteur.

Il est possible d’effectuer de légers changements à une citation, afin de mieux l’insérer dans votre texte. À ce moment, les mots de votre propre cru sont placés entre [crochets].

Une citation est dite courte si elle ne dépasse pas trois lignes de texte dans le travail. Dans ce cas, elle est directement intégrée dans le texte courant.

Une citation qui dépasse trois lignes de texte dans un document est dite longue et doit être disposée en retrait du texte principal, saisie à simple interligne et sans recours aux guillemets. On insère un double interligne avant et après la citation.

Attention ! Un travail ne peut pas être un collage de citations liées les unes aux autres par des phrases de votre cru.

Exemples de citations courtes

« L’indépendance des États-Unis ne fut pas bénéfique aux deux catégories de la population américaine qui avaient été tenues à l’écart de la société coloniale »[1]. Effectivement, ni les Afro-américains, ni les Amérindiens ne furent reconnus comme des personnes à part entière au moment de l’indépendance.

Pour Bernard Vincent, «le sort des Indiens, sans exception, fut aggravé à la suite de l’indépendance »[2]. Cela, s’explique d’abord par le fait que la Constitution des

États-Unis les reconnaît comme des nations étrangères.

Exemple de citation longue :

La naissance de l’alphabet est l’aboutissement d’une longue évolution et résulte de contacts et d’échanges entre différentes civilisations.

La naissance de l’alphabet proprement dit [...] semble due à un concours de circonstances qui a pu se produire au premier millénaire av. J.-C., lorsque les populations parlant grec se sont trouvées en contact avec des populations phéniciennes : le syllabaire sémitique de ces derniers a ensuite été aménagé en fonction des besoins spécifiques du grec[3] .

Les Grecs ont donc modifié l’écriture syllabique des Phéniciens en ajoutant des signes pour les voyelles donnant ainsi naissance à l’écriture alphabétique qui s’est ensuite transmise aux populations du bassin méditerranéen.

3. Comment indiquez ses références avec méthode ?

Utiliser le programme Word

Avec Word, indiquer ses références est très simple :

- Placez votre curseur à la fin de la phrase, avant le point.

- Sélectionnez dans la barre d’outils : insertion, note en bas de page ou références note de bas de page. Un chiffre apparaît à la fin de votre phrase et en bas de page.

- À la suite de ce chiffre en bas de page, écrivez la référence en suivant les normes méthodologiques.

 

4. Normes méthodologiques pour les notes de bas de page

D’un établissement d’enseignement à l’autre, les normes méthodologiques varient sensiblement. En général, les éléments de la note en bas de page sont les mêmes que la référence bibliographique. Ils ne s’écrivent cependant pas tout à fait de la même façon. Aussi, dans une note de bas de page vous indiquerez :

- Le prénom  de l’auteur en minuscules, suivi du NOM DE L’AUTEUR, sans les séparer par une virgule.

- Les autres éléments sont placés dans le même ordre que pour la notice bibliographique et sont séparés par des virgules.

- La page précise de la référence est indiquée à la fin (plutôt que le nombre de pages du livre ou les pages de début et de fin de l’article).

 

Exemple note en bas de page d’un livre :

Eric HOBSBAWM, L’âge des extrêmes, Bruxelles, Éditions Complexes, 2007, p.120.

Exemple de note en bas de page d’un chapitre de livre :

Corinne GENDRON, « En environnement qui est responsable ? », L’état du Québec 2013, Montréal, Boréal, 2012, p. 203-204.

Exemple de note en bas de page pour un article de périodique :

Michel BRUNET,  « Les Canadiens après la Conquête : Les débuts de la résistance passive », Revue d’histoire de l’Amérique française, Vol. XII, no2, (septembre 1958), p.200.

Utilisation des abréviations

Si, comme il arrive fréquemment, vous citez plus d’une fois le même ouvrage ou le même auteur, il convient d’avoir recours à des abréviations d’origine latine que l’on met en italique :

  • Ibid. Signifie que l’on se réfère à l’ouvrage que l’on vient tout juste de citer dans la note précédente, mais à une page différente.  On écrira donc Ibid., p.120.
  • Idem. Signifie qu’il s’agit du même auteur, du même ouvrage et de la même page que la référence précédente.
  •  Op. cit. Livre cité précédemment : vous revenez à un ouvrage dont vous avez donné la référence plus tôt dans le texte, mais pas immédiatement avant. Dans ce cas, vous mentionnez le nom de l’auteur, l’abréviation et l’indication de la page.
  • Loc. cit. Article cité précédemment : vous revenez à un article dont vous avez donné la référence plus tôt dans le texte, mais pas immédiatement avant. Dans ce cas, vous mentionnez le nom de l’auteur, l’abréviation et l’indication de la page.

Exemples d’utilisation des abréviations

1. Paul KENNEDY, Naissance et déclin des grandes puissances : transformations économiques et conflits militaires entre 1500 et 2 000, Paris, Payot, 1991, p.45.

2. Ibid., p. 46

3. Michel WINOCK, « Le Front national : Portrait historique d’un parti d’extrême

droite », l’Histoire, no 219, (mars 1998), p. 34

4. Paul KENNEDY, op. cit., p. 47

5. Idem.

6. Michel WINOCK, loc. cit., p. 35

7. Eric HOBSBAWM, L’âge des extrêmes, Bruxelles, Éditions Complexes, 2007, p.120 ; Jean-Baptiste DUROSELLE, Histoire des relations internationales, Paris, Colin, p. 124

 

On peut également se servir des notes en bas de page pour donner une information ou faire un commentaire en marge du texte proprement dit.


[1]Ibid, p.97.

[2] Idem.

[3]Henriette WALTER, L’aventure des langues en Occident : Leur origine, leur histoire, leur géographie, Paris, Robert Laffont, 1994, p. 43.